Va’a : l’omerta ?

Tahiti a presque tout gagné lors des récents championnats du monde de va’a en Nouvelle Calédonie. Bravo à nos rouges piroguiers !

Malheureusement, la fête fut quelque peu ternie par la plainte de la fédération néo-calédonienne qui devant de nombreux médias internationaux a prétendu que nos Tahitiens étaient dopés. Je ne sais pas ce que deviendra officiellement cette plainte, mais elle recoupe certaines informations médicales et judiciaires qui se chuchotent ces temps-ci au Fenua.

Comme je suis prudent, je vais conjuguer mes verbes au mode de l’incertitude, ce qui alourdira certes mon texte, mais devrait me valoir l’impunité. À l’exemple des journalistes qui racontent n’importe quoi, planqués sous le parapluie magique du conditionnel. Sauf que mes sources ne disent pas n’importe quoi…

Ainsi, des médecins se seraient plaints que leurs ordonnances auraient été trafiquées par des rameurs qui auraient ajouté des prescriptions de médicaments dopants. D’autres toubibs auraient remarqué des troubles respiratoires révélateurs chez certains athlètes en vue, et des analyses sanguines auraient révélé des prises massives de produits dopants.

De même, il se murmure que dans l’affaire de l’ecstasy d’Air Tahiti Nui, récemment jugée, on aurait oublié de faire état d’autres produits illicites, par exemple d’anabolisants vendus aux piroguiers. Plus troublant encore, des autopsies auraient révélé que des rameurs, décédés beaucoup trop jeunes, auraient pris de grosses quantités de stéroïdes, d’anabolisants et même d’EPO.

Il paraitrait également qu’une filière classique d’importation de ces produits dopants serait tout simplement… les colis postaux. Les contrôles auraient été renforcés.

Bref, le doute m’assaille. Non pas à propos de l’usage de dope par les piroguiers : il me semble évident, depuis longtemps. Mais sur le silence fait autour de cette histoire. Que les athlètes et leurs dirigeants se taisent, normal ! Mais les autorités ? Et les journalistes ? Ces derniers, comme en métropole avec les cyclistes, feignent de s’extasier sur les exploits des rameurs tout en sachant parfaitement que ces « sportifs » sont dopés jusqu’au bout des ongles.

En Europe, une histoire de « dopage mécanique » agite actuellement le milieu cycliste : certains coureurs utiliseraient des vélos électriques. À quand les pirogues électriques à hélice en Polynésie ?

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